Jeudi 9 juillet 2009
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Paradoxe de l’utile éphémère, face à l’inutile éternel, le dieu Chronos dévore ses enfants.
Le Temps dévore l’homme, bien sûr, mais aussi l’objet, la machine, l’arme, l’entreprise, le régime, l’institution et même la civilisation.
Peu à peu tout passe ou tombe en désuétude…Seul, au fil des siècles, l’art perdure et même s’ennoblit. Aussi Zeus, que sa mère avait réussi à cacher à Chronos,
plaçait l’artiste au dessus du prêtre dans la hiérarchie des valeurs. …
Boris Vian est sûrement le Centralien le plus aimé…De l’industrie du fer, reste la Tour Eiffel,
de la puissance des Médicis, le David de Michel Ange, de la domination grecque, la Vénus de Milo,et même le sens des peintures de Lascaux s’est effacé…
L’Art Contemporain est multi-paradoxal car, s’il est en rupture totale avec l’ancienne finalité figurative, c’est sûrement du fait même des progrès des techniques de
l’image. Par certains aspects, l’art est devenu une sorte de refuge anti-technologique, parfois blasphématoire et à l’occasion même, carrément excrémentiel….
Mais dans ses expressions numériques, un art émerge, qui dépend justement d’une technologie fabuleuse (on pourrait dire une technomagie) en obsolescence ultra
rapide.
En Septembre 91, j’ai introduit les premières œuvres virtuelles au Grand Palais, au Salon d’Automne. Ces œuvres bien que visibles (sur ordinateur) ne sont même plus
matérielles. Ce sont des algorithmes, c'est-à-dire en quelque sorte des codes génétiques que, pour préserver de la fragilité des disquettes, j’ai fini par faire graver sur disque en verre, (qu’on
m’a garanti pour 40000 ans !!). On verra bien…. En tout cas pour l’instant je n’ai pas trouvé le moyen pour les faire se reproduire entre elles, toutes seules!!! La vie a encore une longueur
d’avance !!!
Bien sûr les Centraliens se passionnent pour la culture, comme le montre le brillant succès des visites d’expositions du Groupe de Paris. Mais au-delà d’une certaine
consommation culturelle, on peut espérer une plus ambitieuse pratique artistique par nos ingénieurs.
Pour le pur plaisir de dessiner certes, mais aussi pour explorer les réactions du stimulant, mais rétif, binôme cerveau gauche/cerveau droit, nous avons monté
l’année dernière un modeste atelier de dessin, au sein du Groupe de Paris, puis maintenant un Groupe de Création des écoles de Paris, Lille et Lyon : Centrale Art. Dans cette démarche, nous
rejoignons les polytechniciens qui depuis des années ont des séances de dessin, modèle vivant, au sein même de leur école et dans une association d’anciens : Arplastix. Les récents développements
de l’art numérique nous ont rapprochés dans une structure hybride : ARTCentrX.
En tout cas, pour multiplier les occasions d’expositions, car le SAGE (Salon d’Art des Grandes Ecole) n’a lieu que tous les quatre ans, nous présentons, depuis le
début de l’année, des peintures, installations et vidéos numériques au Centre d’Art Contemporain d’Ingénieurs du Grand Monarque., près de Melun et depuis le début de l’été en Aveyron, dans la
magnifique abbaye cistercienne de Loc-Dieu. Dans un tel cadre, espérons qu’émergera une dimension « transfigurative », qui nous permettra d’évacuer l’insupportable frénésie Madoff qui, ces
dernières années, s’est aussi, scandaleusement, emparée de l’art!!
Tentons d’égayer, un tantinet, ces sévères propos par quelques œuvres récentes, réelles ou virtuelles.